6 janvier 2003

Tous en Forme !

Textes: Fabrice Connen




Le karting ne fait pas partie des sports dits athlétiques: Sport "assis", il n'en demande pas moins une certaine forme et un certain tonus physique. En effet, même si les muscles du pilote ne travaillent pratiquement qu'en statique, ils n'en consomment pas moins de l'énergie. Comme le dit le Docteur Provot, rhumatologue et membre de la commission médicale de la Fédération Française du Sport Automobile, chargé de la préparation physique: "Une bonne préparation physique ne permet pas d'aller plus vite sur un tour, mais permet d'aller plus vite plus longtemps.
Un bon "fond physique" a également des répercussions importantes sur le mental du pilote: Celui-ci conduira moins à "l'énergie", puisera moins dans ses réserves et ne risquera pas le coup de fatigue, synonyme de baisse de performance du pilote, celui-ci n'étant plus totalement concentré sur son pilotage. Une bonne forme permet ainsi de garder en permanence l'ensemble de ses facultés, que ce soit sur une séance d'essais, une course, un week end, ou l'ensemble d'une saison, bref une constance des performances gage des grands champions.

S'entraîner pour se protéger.
Il va falloir travailler sa capacité physique afin qu'elle ne devienne pas le facteur limitant de la performance, mais aussi afin de protéger certaines parties du corps directement exposées aux traumatismes engendrés par la pratique du karting. En premier lieu le dos: "La position de conduite d'un kart est moins allongé que celle d'une monoplace, il faut donc impérativement renforcer la colonne dorso-lombaire". Il faut donc prévoir des exercices en "auto-allongement" ou le sportif se muscle en tirant une charge plutôt qu'en la portant. Deux appareils conviennent bien à ce type d'exercices: La poulie haute ou tirage vertical où vous allez tirer une charge en amenant la barre derrière votre nuque, ou encore tirage horizontal où vous tirez une charge vers vous en serrant bien les omoplates. Tous ces entraînements doivent se pratiquer avec un dos bien droit pour ne pas prendre de mauvaises postures. Ces exercices de musculation doivent être de type légers, avec une faible charge, mais de nombreuses répétitions pour éviter une augmentation importante du volume musculaire et donc du poids.
Mieux encore que la musculation, la natation est un exercice idéal pour se muscler le dos et les épaules, notamment le dos crawlé qui permet de travailler le dos en étirement.
Toujours dans le domaine de la prévention, notre interlocuteur nous a fait part de ses remarques: "J'ai noté auprès des jeunes pilotes automobile issus du kart une sorte de cale sur l'épineuse de la douzième dorsale de la colonne vertébrale. Cette excroissance osseuse est sans doute la conséquence d'un frottement répété sur le dossier du siège-baquet. Il faudrait donc prévoir un peu de mousse tant au niveau des côtes qu'au niveau du dos". Enfin, il faut également soigner la ceinture abdominale qui assure un soutien efficace des lombaires. Exemple d'exercices: Allongé, bloquez les pieds puis relevez et descendez le buste par série de quinze. Il y a également les classiques séries de pédalage ou de ciseaux, buste bien à plat au sol et jambes plus ou moins relevées.
Les pectoraux, épaules, bras et mains rentrent également en jeu; les premiers cités s'accommodent parfaitement de la machine de développé-couché ou vous effectuerez 3 séries de 15 répétitions. Pour le reste des séries des pompes (au moins 30) font très bien l'affaire, l'idéal étant l'appareil dit "à tirage vertical", paumes tournées vers le sol, puis le ciel (3 séries de 15 exercices). Pour les mains et les avant-bras, vous pouvez également vous procurer des poignées à ressorts que l'on comprime avec les mains, cela représente un entraînement très efficace que les amateurs de planche à voile connaissent bien.

Hygiène de Vie.
Un minimum de "pêche" réclame un minimum d'effort, si possible au quotidien. Ces efforts passent par des exercices réguliers du système cardio-vasculaire. Une bonne capacité respiratoire garantira une bonne endurance physique. Cette capacité cardio-vasculaire se travaille dans des séances de jogging, de vélo ou encore de rameur en salle qui ont l'avantage de faire travailler pratiquement tous les muscles du corps (bras, dos, jambes, etc...). Un tel entraînement vous permettra de capitaliser un fond physique, une capacité de récupération et une vitalité que vous apprécierez dans votre quotidien.
Chaque entraînement physique doit être naturellement accompagné d'une consommation importante de boisson (de l'eau de préférence), ceci avant même d'en ressentir le besoin. Une consommation importante et régulière de boisson permet d'éliminer les toxines de l'organisme, et de limiter les risques de tendinite. Enfin, derniers conseils, mangez équilibré, et évitez les gros "geuletons" la veille d'une course. Votre forme physique risque de s'en ressentir le lendemain. Il faut donc éviter les abus, mais aussi les carences. La veille d'une épreuve on privilégiera les sucres à assimilation lentes (pâtes, riz, etc...), alors qu'un jour de compétition, on évitera avant tout de surcharger l'estomac, ce qui engendrerait une digestion difficile impliquant une consommation d'énergie importante de l'appareil digestif. Tournez-vous plutôt vers les salades ou les grillades, alors que des fruits ou des barres de céréales combleront vos besoins en sucres à assimilation rapides. En cas de forte transpiration, il faudra compenser la perte de sels minéraux en buvant des boissons type Vichy riches en ces fameux sels minéraux.

Pas besoin d'être une sorte "d'athlétor" donc, mais un zeste d'effort sera infiniment bénéfique à votre efficacité au volant, surtout si vous avez une vie trépidante et pas forcément "zen".

Article de Fabrice Connen ©